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En 2008 sera inaugurée T1, une nouvelle tour géante à La Défense. De forme arrondie, sa façade de plus de 30 000 m2 présente plusieurs défis techniques. Les façades de la tour sont planes ou en courbes convexes. Composée de blocs de verre et de métal totalement manufacturés en usine et agrafés d’étage en étage, l’enveloppe de la tour fait appel à une technique de pose originale. Sur les 38 étages, les blocs se posent comme un mécano. Certains ont une surface courbe, tandis que d’autres sont verticaux plans ou à facettes. Pour respecter la conception architecturale, certains sont inclinés vers l’intérieur de la façade. Chacune de ces trois typologies de conception a fait l’objet d’une ATEx. Elles ont porté sur la sécurité, la stabilité, les risques d’incendie, mais également sur la faisabilité de la mise en œuvre, la qualité de la fabrication et les risques de désordre. Les essais réalisés au CSTB ont également vérifié la perméabilité à l’air, l’étanchéité à l’eau et la résistance des différentes façades aux charges de vent. Avec ses 185 mètres et sa situation à proximité d’autres bâtiments de grande hauteur, la tour T1 pourrait être la proie des tempêtes et des vents. C'est pourquoi les concepteurs et maîtres d'œuvre ont fait appel au CSTB pour quantifier avec précision les charges de vent que la tour aura à supporter. Il a fallu évaluer au mieux les risques, de manière à renforcer ses structures et assurer la meilleure sécurité possible. Pour l’étude, le CSTB a fait construire une maquette de la tour T1 et l’a placée en soufflerie pour mesurer les pressions exercées par le vent sur les façades et les efforts d’ensemble à différents niveaux du bâtiment. Par ailleurs, la tour est surmontée d’une coiffe de 30 mètres qui couronne comme un diadème sa tête à plus de 150 mètres de hauteur. Cette construction composée de tubes arrondis a également été dimensionnée.
Paris, Champs-Élysées. Vitrine de la marque aux chevrons, l’ouvrage imaginé par l’architecte Manuelle Gautrand montre une façade de verre haute de 25 mètres enchâssée entre deux murs mitoyens dans une parcelle microscopique (11 m de large sur 30 de profondeur). Cette enveloppe constituée d’une résille métallique habillée de volumes verriers aux formes variées a fait l’objet d’une demande d’Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx). Le projet du “centre de communication” de Citroën prévoit une mise en scène orchestrée des véhicules à travers une spirale en mouvement composée de huit plateaux superposés et rotatifs. Cet espace de 1 200 m2, très épuré, comporte des ascenseurs et une série de passerelles qui permettent de se rendre d’un véhicule à l’autre. L’ouvrage est baigné de lumière, grâce à une enveloppe composée de 700 m2 de vitrages et formée de trois zones en continuité : une partie frontale verticale côté avenue des Champs Élysées, une partie en verrière courbe au faîtage, et une partie arrière comportant elle-même une façade inclinée et une verrière.
Pour la construction du centre de maintenance des tramways de l’agglomération grenobloise à Gières, une couverture métallique en bacs aluminium à joints sertis a été mise en œuvre sur 28 000 m². Créant un effet de vague grâce à un système constructif concave et en voûte/contre-voûte, cette couverture joue du contraste avec son environnement montagneux. Ce procédé d’enveloppe du bâtiment bénéficie d’une Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx) pour son caractère non traditionnel. Le cabinet d’architectes Ferrand et Sigal, maître d’œuvre de l’opération, a choisi de créer une enveloppe au tracé en vagues contrarié, qui rythme l'ouvrage grâce à une multitude de vagues dans les interstices desquelles viennent se lover des hublots d’éclairage zénithal en polycarbonate, colorés ou non. Disposés à l’horizontal, certains sont équipés de châssis de désenfumage. Trois plans de toiture forment la couverture de chaque bâtiment, avec une vague dissonante au milieu, aucune travée n’étant identique à l’autre. C’est sur cette vague centrale que sont disposées les ouvertures.

La Tour Ariane, place de la pyramide à La Défense, s'offre un auvent original qui servira de hall d’entrée à cet immeuble de bureaux construit en 1975. L'ATEx délivrée par le CSTB en 2006 porte sur la mise en œuvre de simples vitrages feuilletés en verrière et de vitrages extérieurs attachés (VEA) en façade. Au total, 770 m2 de vitrages, dont 330 de vitrages bombés, forment l’ensemble du projet. Une charpente métallique fait office d’ossature à l'auvent. Ses cinq portiques, parallèles à la façade de la tour, accueillent des chéneaux suspendus perpendiculairement. Entre ces chéneaux sont cintrés les vitrages feuilletés (verre feuilleté de 6 mm + couche électrisé + intercalaire + verre de 10 mm) bombés en forme de U inversé pour lesquels le CSTB a conduit un essai de résistance au choc 1200 Joules. D’autres essais et calculs ont porté sur la faisabilité de l’opération. Pour éviter la condensation superficielle intérieure en cas de pluie, le système s’est doté d’une couche conductrice d’électricité pour réchauffer le verre en hiver et protéger de la chaleur en été grâce à un traitement thermique. Les vitrages VEA sur les différentes façades sont de différentes compositions, attachés par quatre fixations ponctuelles reliées à des attaches en acier inoxydable fixées à l’ossature métallique, placés côté intérieur ou extérieur suivant les différentes façades.
Un projet de nouveau bâtiment pour le Conseil de l’Europe à Strasbourg a été soumis à une Appréciation Technique d’Expérimentation du CSTB. Destiné à la Direction européenne de la qualité du médicament, ce bâtiment rassemblera laboratoires, bureaux et zones communes. Le procédé de façade mis en œuvre, un bardage de terre cuite rapporté à la structure porteuse (en voile de béton), comporte 550 m2 de bardeaux de terre cuite emboités sur des agrafes ponctuelles. Ces agrafes sont elles-mêmes fixées par rivet sur des montants verticaux métalliques, eux-mêmes rendus solidaires du gros œuvre par chevilles métalliques. Chaque élément de terre cuite mesure environ 50 cm x 30 cm, le tout pesant environ 50 kg par m2. L’objet de l’ATEx était principalement d’évaluer la stabilité de ce procédé de bardage rapporté dans une zone sismique spécifique. Outre l’approche technique à dire d’expert, des essais ont été réalisés dans les laboratoires du CSTB, notamment sur un banc d’essai spécialement conçu pour tester différentes sollicitations représentatives des séismes. D’autres essais au vent et essais de choc, essais mécaniques sur les agrafes ont également été réalisés. Apparu dans les années 1970, le système de bardage rapporté est un procédé de construction qui sert d’isolation thermique par l’extérieur et peut être utilisé pour la réhabilitation ainsi que pour les constructions neuves. La diversité des parements existants permet de réaliser de nombreux projets.