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Qualité environnementale aux Mureaux

L'hôtel de ville des Mureaux fait partie des trois premières réalisations architecturales en France a recevoir la certification NF bâtiments tertiaires - démarche HQE®. Lauréat de l'appel à projets de l'Ademe sur la certification HQE, l'ouvrage partage sur ce point la vedette avec d'une part la Tour Granite de la Défense (Sogeprom maîtrise d'ouvrage pour la Société Générale) et d'autre part le centre de formation de l'Institut national de l'environnement et des risques (INERIS) à Verneuil-en-Halatte. Reste que la mairie des Mureaux est le premier bâtiment "public" à afficher cette certification environnementale.

La réhabilitation de l'ouvrage, débutée en janvier 2004 s'est faite dans le respect de l'existant puisque l'ancienne mairie a pour l'essentiel été préservée. Pour les élus, ce chantier s'inscrit dans une volonté de montrer l'engagement de la ville dans une démarche de développement durable, conformément à la coloration politique du conseil municipal. Trois zones forment désormais l'établissement municipal : le pôle délibératif (et notamment la grande salle du conseils) constitué par le bâtiment en pierre pré-existant, le pôle exécutif en prolongement de l'ancien bâtiment (façade revêtue de persiennes coulissantes) et le pôle administratif sur les abords. L'ouvrage comporte 62 bureaux en rez-de-chaussée, 51 au premier étage, 36 au second, 8 salles de réunion, 3 patios dont deux intérieurs avec jardin, ainsi que deux toitures terrasses végétalisées, le tout pour une surface utile portée à 4 500 m².

Un chantier vitrine du savoir-faire environnemental

Pour la ville, ce chantier expérimental vient confirmer l'expérience précédente conduite pour la construction d'un restaurant scolaire HQE. Il se veut donc une opération vitrine et un modèle susceptible d'être dupliqué sur l'ensemble des projets architecturaux à venir. Gestion de l'énergie, gestion de l'eau, gestion des déchets d'activité et entretien en maintenance forment le haut du panier environnemental de cette réalisation. Ce n'est donc pas un hasard si avant même la livraison de l'ouvrage, deux prix d'importance lui auront été remis : le second prix de la 8e édition du Grand Prix de l'environnement des villes d'Ile-de-France, ainsi que le prix spécial du jury des 14e  Trophées Eco-Actions des maires de France. La visite de l'ouvrage et des nombreuses innovations techniques qui y ont été mises en œuvre expliquent ces distinctions. Des innovations tournées vers cinq axes majeurs : le confort d'été, la gestion régulation, le renouvellement d'air, le confort d'hiver et l'énergie solaire.

Climatisation passive au menu

L'ouvrage est volontairement exempt de toute climatisation active, hormis le local informatique. Pourtant, l'amplitude thermique dehors - dedans est prévue pour atteindre 7 degrés, soit peu ou prou le ratio "officiel" préconisé par l'ADEME pour les ouvrages bénéficiant d'appareils de production de froid. En effet, une attention toute particulière a été portée d'abord sur l'isolation intérieure (complexe en polystyrène expansé et Placomur), mais aussi sur le plancher chauffant rafraîchissant mis en œuvre sur l'ensemble des 4 500 m² du bâtiment avec une régulation en sept zones de chauffage distinctes en fonction de l'orientation des façades et les horaires de présence, le dispositif de brise soleil sous la forme de volets persiennés coulissants, les rupteurs de ponts thermiques dans les renforts de planchers, les doubles vitrages à isolation renforcée. La production de chaud et de froid est assurée par une pompe à chaleur à débit variable eau/eau (coefficient de performance situé autour de 3,5) alimentée par une nappe phréatique située à 30 m de profondeur (débit d'eau compris entre 7 et 32 m 3/h). Le renouvellement d'air est assurée par une centrale de traitement d'air simple flux pour les bureaux et double flux pour la salle du Conseil et le service d'État civil.

60% des besoins d'eau chaude sanitaire assurés grâce au solaire

L'énergie solaire est également à l'honneur avec la mise en œuvre de capteurs solaires sous vide à circulation directe pour la production d'eau chaude sanitaire. Ainsi que l'explique Dominique Bulle, en charge de la "cellule énergie" à la Mairie des Mureaux et véritable contempteur de la HQE pour ce projet, « 60% de nos besoins en eau chaude sanitaire sont couverts grâce aux 10 m² de panneaux solaires thermiques installés en toiture, soit environ 100 m3 par an produits grâce à de l'énergie renouvelable. » Dans le même esprit de gestion raisonnée des ressources naturelles, un dispositif complexe mais efficace de récupération des eaux pluviales a été mis en œuvre pour alimenter les chasses d'eau. Il s'agit ici de récupérer via une surface de toiture de 500 m² associée à une cuve de 20 000 litres pas moins de 600 m3 d'eau par an, soit 50 % des besoins annuels de la mairie des Mureaux. L'optimisation énergétique n'aurait néanmoins pas été possible sans la gestion technique centralisée matérialisée par un logiciel de supervision autant ludique qu'efficace. Ce dernier permet de gérer dans un même temps les compteurs de consommation d'eau, de consommation électrique pour l'éclairage, le chauffage, les panneaux solaires ainsi que 120 points de commande et de contrôle sur les équipements techniques. Au final, la nouvelle mairie des Mureaux annonce une baisse de l'ordre de 15 % de son poste consommation énergétique par rapport à l'ancien bâtiment. Grâce à ce qu'elle nomme « les cadeaux gratuits de la nature ».

Fiche technique

  • Maîtrise d'ouvrage : Mairie des Mureaux
  • Assistance maîtrise d'ouvrage environnement/développement durable : S'PACE Environnement
  • Maîtrise d'œuvre : Agence Hesters, Jean-Luc Hesters et Marie-Sylvie Barlatier, architectes
  • Entreprise générale : Quille
  • Coordination HQE : Elan
  • Energéticien : EDF Entreprises
  • BET : Alto Ingénierie
  • Superficie : 4 500 m²
  • Coût de la réalisation : 6,54 millions d'euros
  • Consommation : 400 000 kWh/an, soit 90 kWh/m²/an