La réglementation acoustique évolue. Nouveaux types d’ouvrages ciblés, dispositions spécifiques pour les départements d’outre-mer… : les bâtiments deviennent des havres de tranquillité ! Partout.

En France, la réglementation acoustique concerne quatre catégories de bâtiments : habitations, hôtels, locaux dédiés à l’enseignement et établissements de santé. Pour chacune d’elles, l’isolement acoustique entre l’intérieur et l’extérieur des ouvrages doit être au minimum de 30 dB. A l’exception de certaines zones proches des aéroports et des infrastructures de transports terrestres pour lesquelles le seuil d'isolement peut aller jusqu'à 47 dB. "Ces dispositions concernent les ouvrages dans leur ensemble, observe Jean-Baptiste Chéné, responsable du laboratoire d’essais acoustiques du CSTB. Il n’existe pas de texte déterminant les performances pour les baies elles-mêmes. Celles-ci sont considérées comme des éléments constitutifs d’un tout, les façades, auquel un objectif quantitatif global est fixé."
Prochainement, plusieurs changements vont affecter les réglementations en place, et plus particulièrement celles relatives aux consignes applicables près des aéroports et des transports terrestres. Les textes datant de 1978 et de 1996 seront réactualisés et refondus en un seul document qui devrait être publié courant 2011. Principales modifications ? La prise en compte d’indices d’isolation acoustique européens en lieu et place des indices français d’une part, et la validation de nouveaux indices aéroportuaires adaptés aux spectres sonores émis par les avions modernes, d’autre part.
"Outre ces changements, les dispositifs réglementaires en terme d’isolation acoustique s’étendront progressivement à de nouveaux types de bâtiments, ajoute Jean-Baptiste Chéné, notamment pour les locaux sportifs ou encore ceux accueillant les enfants de moins de six ans, tels que les crèches. Leur publication est programmée pour la fin 2010 en ce qui concerne les crèches et courant 2011 pour les locaux sportifs." De plus, le 17 avril 2009, un arrêté spécifique aux départements d’outre-mer (DOM) a été publié. Il fixe la distance minimale entre deux fenêtres posées sur une même façade et exige un affaiblissement acoustique d’au moins 30 dB pour les parties ouvrantes des baies.
Les "warm edge" équipant les fenêtres ont un impact non-négligeable quant à la performance acoustique de ces dernières. Sur une petite dizaine de systèmes étudiés, une différence d'affaiblissement acoustique a été mise en évidence. Elle peut atteindre jusqu’à 3 dB selon le type de système de scellement installé, tous les paramètres étant identiques par ailleurs. Ces observations montrent la nécessité de prendre en compte de façon globale le couple "thermique/acoustique" dans la mise au point de tels procédés.