L’amélioration des propriétés thermiques des fenêtres reste une priorité pour les industriels. Et de nombreuses innovations laissent à penser que l’on s’oriente vers des produits de plus en plus high tech. A moins que…
Comment se présentera « la » fenêtre du futur ? Une question à laquelle Daniel Quénard, ingénieur au CSTB, apporte un rectificatif immédiat ! « Mieux vaut parler "des" fenêtres du futur. Il n’existe pas de réponse « type » à cette interrogation, mais plutôt un éventail de solutions dépendant du type de construction considéré, de son usage, de sa localisation géographique et de l’orientation de chacune de ses façades. » Un raisonnement logique si l’on considère les fonctions fondamentales que possède toute fenêtre : ventilation, isolation thermique et acoustique, apport de lumière et de chaleur solaire… C’est la raison pour laquelle les triples vitrages ont toute leur place sur les murs orientés au Nord et que les doubles vitrages sont mieux adaptés à une exposition plein Sud.
Dans ce contexte, les travaux menés par les industriels portent principalement sur l’amélioration des propriétés thermiques des vitrages et des cadres (menuiseries) qui induit l’augmentation de l’épaisseur des fenêtres. D’où un alourdissement des produits, qui rend leur mise en œuvre plus complexe, et une perte en luminosité. « Pour pallier à ces inconvénients, les recherches portent, notamment, sur l’allègement des triples vitrages en remplaçant le verre central par un film ou par un polymère transparent, poursuit Daniel Quénard. Dans ces conditions, on se rapproche du poids d’un double vitrage. » Autre piste d’investigation : la substitution de l’air ou du gaz compris entre les vitrages par du vide. Cette nouvelle technique demande à ce jour à être fiabilisée. L’objectif, à terme, serait de réduire à moins d’un millimètre l’espacement entre deux vitrages, tout en conservant les propriétés thermiques équivalentes à celles des fenêtres à triple vitrages.
Pour compenser la baisse de l’apport lumineux due à l’épaisseur des vitrages, des études sont menées sur la réduction de la taille du cadre des fenêtres. Dans cette optique, l’ouvrant se trouve réduit au strict minimum. Ce dernier pourrait alors être remplacé par un simple joint placé sur le dormant, comme cela est déjà mis en place sur certaines voitures. "La partie fixe (dormant) des fenêtres peut également devenir un vrai cadre technique, comme lorsqu’un système de ventilation y est directement intégré, ajoute Daniel Quénard. De tels équipements possèdent toute leur place dans les programmes de rénovation des bâtiments. Cela éviterait, d’une part, l’installation lourde de gaines de ventilation et, d’autre part, que les logements rénovés soient fréquemment jugés moins confortables par les habitants, tout simplement à cause du manque de ventilation."
Capteurs solaires intégrés dans les vitrages associés à des batteries de stockage d’énergie dans les dormants, intégration de sources lumineuses (OLED – organique light emitting diode) pour transformer le verre en surface d’éclairage nocturne (à l’image du "verre luisant")… : les pistes de réflexion sont réelles. "Attention toutefois à ce que la performance technologique n’aille pas à l’encontre de la performance environnementale, tempère Daniel Quénard. Gardons à l’esprit que certaines techniques traditionnelles peuvent également être très efficaces, moins onéreuses et plus facilement recyclables." Double fenêtres, volets, stores… : l’empilement de ces composants « basiques » constitue une solution très efficace et largement suffisante dans de nombreux cas. Reste alors à trouver, pour les fenêtres du futur, le meilleur compromis - en fonction de ses natures et de ses usages - entre le "low tech" et le "high tech", voire un mélange des deux et mettre la technologie au service du bon sens.