L'acoustique des salles de spectacles aux petits soins

Une salle de spectacle doit présenter une architecture, voire une signature architecturale, qui s'intègre au mieux dans le contexte urbain, tout en offrant une acoustique en parfaite adéquation avec le style de spectacle qui doit s'y produire. Pour garantir la qualité acoustique des salles, le CSTB entretient dès la phase "concours" des liens étroits avec les maîtres d'oeuvre des grandes réalisations. C'est le cas pour deux grands complexes de spectacles en Chine., construits par Paul Andreu Le centre oriental d'art à Shanghai et le grand théâtre national de Chine (National Grand Theatre of China) à Pékin intègrent chacun trois salles de spectacles adaptées au style de musique demandé.

En phase "Avant Projet Sommaire", les acousticiens du CSTB ont guidé l'architecte sur la géométrie des salles offrant le meilleur compromis entre architecture et acoustique. Puis, dès la phase "Avant Projet Détaillé", des simulations numériques ont permis de tester les différentes configurations envisagées et "d'entendre l'acoustique" de chacune des salles avant même leur réalisation.

La grande salle de l'Opéra de Pékin a bénéficié d'une première dans le domaine de l'acoustique des salles : la désolidarisation de la peau intérieure visible de la peau active acoustique garde un caractère intimiste à cette salle conçue pour 2 500 spectateurs. Les acousticiens du CSTB ont en effet imaginé un premier mur en maille métallique pour répondre aux critères esthétiques de la maîtrise d'œuvre. Un mur acoustiquement transparent, qui laisse passer le son. Un deuxième mur placé derrière le premier et invisible réfléchit le son.

Cette solution astucieuse se compose de murs acoustiquement transparents faits de maille métallique de bronze et d'acier (incorporant les éclairages) et de murs actifs constitués de parois lourdes pour des réflexions acoustiques efficaces.

La conception et la réalisation ont eu lieu en plusieurs étapes, allant de la définition des formes à la mise en œuvre spécifique. Une attention particulière a été portée aux mesures de la transparence et de la réflexion, en incidence normale et rasante, de la maille métallique.

Le Centre d'Art Oriental de Shanghai s'articule lui autour de trois salles : la grande salle de concert philharmonique (2 000 places), la salle de musique de chambre (environ 350 places) et le théâtre Opéra (1 100 places). La grande salle de concert, notamment, innove avec une forme elliptique inhabituelle qui se développe autour de la scène en position semi-centrale et des blocs de sièges surélevés et décalés, desquels dépendent pour une bonne part la maîtrise acoustique de l'ensemble. L'acoustique de la salle de musique de chambre, a priori difficile à maîtriser en raison de la forme circulaire, est optimisée grâce à des murs de GRG (Glass Reinforced Gypsum) aux formes irrégulières, évoquant un immense drapé de rideau et une disposition adéquate des spectateurs par rapport à la scène. Choix précis des matériaux, définition de leur mise en œuvre et travail sur les sièges ont finalisé l'équilibre acoustique.

Les essais dans les trois salles ont prouvé la fiabilité des prévisions effectuées avec le logiciel Epidaure, développé par le CSTB. Les orchestres, qui ont participé aux premiers tests musicaux et concerts d'inauguration, de même que le public, se sont montrés particulièrement satisfaits de la qualité acoustique de ce nouveau temple de la musique.

L'Oriental Art Centre de Shanghai a ouvert ses portes en 2005 ; quant au National Grand Theatre of China de Pékin, l'ouverture est prévue début 2008.

Plan de l'opéra du grand théâtre national de Chine