Le CSTB a monté un partenariat avec Setec Organisation et Sodecset, pour proposer aux maîtres d’ouvrage une démarche globale d’accessibilité, au-delà du seul diagnostic technique exigé par la réglementation. Rencontre avec Sylvie Antonin, chef de projet chez Setec Organisation.
L’idée était de réunir les différentes compétences nécessaires à la réalisation de diagnostics accessibilité pour pouvoir répondre aux appels d’offre. Sodecset, société spécialisée en économie de la construction (filiale du groupe Setec), intervient pour l’évaluation des coûts de travaux. Setec Organisation, société de conseil et d’assistance à maîtrise d’ouvrage, propose ses méthodes de gestion de projet, son savoir-faire en programmation architecturale, et sa connaissance du handicap et du milieu associatif. Le CSTB apporte quant à lui sa maîtrise de la réglementation, tant d’un point de vue théorique que pratique. Nous avons tous en commun la même approche de l’accessibilité : une approche globale, pragmatique, tournée vers la qualité d’usage. A partir de 2007, nous avons commencé à répondre à des appels d’offres, en présentant notre équipe pluridisciplinaire.
Nous avons conduit les diagnostics d’une trentaine de lycées d’Ile-de-France, sur appel d’offres du Conseil régional, le diagnostic du siège de la DDE de Lille et une mission de conseil auprès de la Banque de France, relative à la mise en accessibilité de ses succursales. Nous venons de terminer le diagnostic du Palais de la découverte et avons été retenus pour réaliser celui du Parc de la Villette. Ces missions nous ont confortés dans notre approche globale. La réglementation accessibilité est en effet axée sur l’usage et l’usager. Pour nous, le diagnostic doit donc intégrer les attentes et les besoins des utilisateurs, autant que l’analyse technique et fonctionnelle du bâti. Il ne s’agit pas seulement de se mettre en conformité, mais bien de rechercher une qualité d’usage pour tous, handicapés et valides. Ainsi, un bon diagnostic passe forcément par la concertation et le dialogue, qui vont permettre une mobilisation de tous les acteurs autour de la mise en accessibilité.
Dans tous les cas, nous constituons un comité d’usage, qui se réunit au minimum au début et à la fin du processus de diagnostic. Ces comités d'usage intègrent suivant les cas des représentants d'associations de personnes handicapées, des représentants des CHSCT, ou des personnels handicapés comme ce fut le cas à la DDE de Lille. L’idée est de faire en sorte que ces comités s’approprient la réglementation et sa philosophie. Nous recueillons leurs besoins et leur ressenti par rapport à l’existant et sollicitons leur avis sur les préconisations. Ils nous aident à hiérarchiser ces préconisations et à établir le programme de travaux, avec un phasage permettant une amélioration rapide et efficace de l’accessibilité. Grâce à l'implication des comités d'usage, nous trouvons ensemble des solutions de bon sens, fonctionnelles, intelligentes, qui permettent bien souvent de limiter les coûts des travaux.
Lors de ces réunions nous nous efforçons d’être très pédagogues. Nous élargissons toujours le débat à des problématiques globales (la scolarisation des étudiants et des élèves, la sécurité et les conditions de travail du personnel, l'offre culturelle ), afin d’améliorer la qualité de vie des sites et le confort des usagers.
