Accessibilité des salles d'eau : des impacts techniques et... culturels

Le 1er janvier 2010 au plus tard, tous les permis de construire pour les bâtiments d'habitation et pour les maisons individuelles destinées à être louées ou vendues devront intégrer au moins une salle d'eau conçue et équipée de manière à permettre, par des aménagements simples, l'installation ultérieure d'une douche accessible à une personne handicapée.

Cette obligation aura deux fortes conséquences : l'une sur la surface et son aménagement, l'autre sur la conception de la salle d'eau pour la rendre accessible ultérieurement par l'installation d'une douche. Certains impacts techniques résultant de cette problématique ont été recensés par le CSTB, qui a conçu un guide sur ce thème.

Impact sur la surface et l'aménagement de la salle d'eau

Pour permettre l'évolution d'un fauteuil roulant, la salle d'eau doit offrir un espace libre d'au moins 1,50 m de diamètre en dehors du débattement de la porte et des équipements fixes. Compte tenu des conséquences sur la taille et l’aménagement de la pièce, il faut « repenser » la salle d'eau et faire des choix dès sa conception. La structure, par exemple, peut être impactée par la réservation pour un siphon de sol. Si cette installation est courante dans les pays scandinaves, en France, le siphon de sol est surtout associé aux locaux professionnels ou sanitaires (hôpitaux, maisons de retraite…).

Impact technique sur la douche

Seconde conséquence : la salle d'eau doit être conçue et équipée pour l'installation ultérieure d'une douche. La configuration de plain-pied doit être réalisée après la construction mais sans avoir à intervenir sur le gros œuvre. Autrement dit, on doit pouvoir installer une douche sans travaux importants.
Pour cela, il existe deux types de produits : le siphon de sol intégré dans la dalle et le receveur extra-plat intégrant le siphon.

  • Pour le siphon de sol intégré dans la dalle, le CSTB a sélectionné différents modèles existant en France et en Europe et a testé leur conformité aux normes européennes en vigueur. Il a également mené des essais acoustiques pour étudier l'impact de l'introduction de ce siphon dans la dalle lors de l'utilisation de la douche.
  • Le receveur extra-plat est une alternative quand la solution douche à siphon de sol intégré est techniquement difficile. La hauteur du bac à douche ne doit pas alors excéder 2 cm. La solution du receveur extra-plat est définitive et doit répondre, dès l'origine, à la réglementation. Le CSTB a étudié, là aussi, les éventuels impacts d'étanchéité et d'acoustique.

Une nouvelle façon de travailler

De fait, les produits existent mais il faut encore les adapter afin de prendre en compte les différentes réglementations (étanchéité, acoustique…). La mise en accessibilité des logements aura donc forcément des conséquences sur les procédés techniques comme sur la façon de travailler des professionnels.

Essai au Labe : test du bruit d'écoulement dans le siphon et la tuyauterie. La salle de réception, située en dessous de la dalle, se charge de l'enregistrement des sons.
Test de l'impact acoustique sur un receveur de douche encastré acrylique
Essai d'étanchéité du revêtement au laboratoire Hydraulique

Document

  • Guide téléchargeable : "Principes constructifs pour l’accessibilité des salles d’eau privatives en locaux d’habitation" (Téléchargeable sur le site de la DHUP) - Disponible prochainement.