Après avoir fait souffler le vent, le chaud et le froid dans la soufflerie climatique Jules Verne, après avoir modélisé toutes sortes de phénomènes physiques dans sa salle immersive Le Corbusier, le CSTB s’affirme une nouvelle fois comme un acteur à la pointe de la Recherche et du Développement en matière de bâtiment et de cadre urbain. Aquasim, centre d’études et d’essai sur le cycle de l’eau, ouvrira ses portes en décembre 2009. La première pierre a été posée le 24 octobre dernier, en présence de Yannick Vaugrenard, Député Européen, 1er Vice-président du Conseil régional des Pays de la Loire, Yannick Guin, Vice-président Nantes métropole, et Christophe Clergeaud, Conseiller régional spécialiste de la recherche.

Reproduire le cycle complet de l’eau, depuis sa collecte, un jour de pluie, jusqu’à son rejet à l’égout en passant par sa circulation dans des circuits de plomberie (éventuellement usagés…), son traitement et pourquoi pas sa récupération totale : tel est l’objectif de cet équipement unique. Jean-Michel Axès, directeur du CSTB de Nantes, explique : "La gestion environnementale de l’eau, à l’échelle du bâtiment et de sa parcelle est méconnue. D’un point de vue scientifique, c’est un maillon manquant de la chaîne. Aquasim vient très naturellement combler cette inconnue." A l’heure de la prise de conscience collective des enjeux liés au changement climatique et à la dégradation qualitative et quantitative des ressources en eau, force est de constater que l’approvisionnement en eau potable apparaît comme un nouveau défi.
Et si des solutions alternatives existaient ? Et si on pouvait optimiser les ressources naturelles d’eau douce ? Utiliser les eaux pluviales, réutiliser les eaux usées ? Et au passage, valoriser les déchets ? Autant de questions auxquelles non seulement les scientifiques mais aussi les collectivités locales, les syndicats de production et de traitement des eaux, les grands opérateurs et concessionnaires de réseaux, les industriels, les organismes de santé publique, les acteurs du logement etc. aimeraient pouvoir répondre.
Les recherches et les tests, faits à l’échelle 1, s’ordonneront autour de deux grandes thématiques : celle du bâtiment et celle de la parcelle. A l’échelle du bâtiment, on s’interrogera sur les réseaux intérieurs et la qualité de l’eau qui y circule ; sur la récupération et l’utilisation des eaux pluviales ou encore sur le recyclage des eaux usées et des déchets, telles les feuilles récupérées sur les toitures. A l’échelle de la parcelle, autres axes de recherche : on testera le comportement des systèmes d’évacuation par temps de pluie et la "réponse" de la parcelle face à tel ou tel événement climatique (sécheresse, énormes intempéries) ou encore, on intègrera les impacts environnementaux des rejets.
Dans un cas comme dans l’autre, les mesures se feront grandeur nature, grâce à un ensemble de capteurs répartis sur les circuits intérieurs et extérieurs d’Aquasim et renvoyant les données à un centre de pilotage. En d’autres termes, le process sera entièrement automatisé, informatisé et piloté par un système numérique de commande et de contrôle. A noter que ce process a été techniquement conçu et mis en place de telle sorte qu’il soit évolutif, c’est-à-dire susceptible de s’adapter à des problématiques encore inconnues…
A équipement scientifique novateur, approches et investigations novatrices. Aquasim s’inscrit clairement, à l’échelle européenne, comme un composant fort de la plate-forme technique de l’eau. Au-delà des partenariats financiers et industriels, la part belle sera donc faite aux partenariats scientifiques : laboratoires, réseaux nationaux et internationaux et, parce qu’Aquasim ne veut pas se limiter aux acteurs "classiques" de l’eau, à toute autre communauté scientifique et technique.