La légionellose est une maladie qui est mortelle dans 15 à 20% des cas. Les bactéries responsables appartiennent au genre Legionella et prolifèrent dans les réseaux d’eau chaude sanitaire (RECS) qui présentent des conditions favorables pour leur croissance. Une unité pilote simulant un RECS à échelle réelle a été construite par le CSTB afin d’évaluer l’efficacité des traitements anti-légionelles.

Les légionelles, bactéries pathogènes pour l’homme, sont responsables d’infections respiratoires aiguës, ou légionelloses. En France, la maladie est soumise à déclaration obligatoire depuis 1987. En 2008, les autorités sanitaires avaient enregistré 1 243 cas de légionelloses dont 10 % mortels. Caractérisées depuis une trentaine d’années, les légionelles sont des bactéries d’origine hydrotellurique qui se rencontrent dans les réservoirs aquatiques naturels (rivières, lacs, étangs), dans les sols humides, les compost et les boues d’épuration. Leur optimum thermique de croissance se situe entre 25 et 43 °C. Ainsi, elles colonisent de nombreuses installations liées aux activités humaines : réseau d’eau chaude sanitaire (RECS), jacuzzi, tours aéro-réfrigérantes pour les circuits de climatisation ou de refroidissement des machines industrielles, fontaines décoratives, machines à glace… Les légionelles sont à la fois dans l’eau et dans les biofilms (98%), communauté microbienne, qui se forment à la surface des tuyaux et canalisations en contact avec l’eau.
De nombreux procédés de désinfection ont été mis en place, avec des efficacités transitoires et des recolonisations rapides des réseaux. Afin d'étudier l’efficacité réelle des traitements anti-légionelles dans l’eau et le biofilm, le CSTB a mis au point une unité pilote afin de simuler à échelle réelle un RECS, dans des conditions maîtrisées. Le contrôle des paramètres est minutieux. Le pilote est constitué de circuits en acier inoxydable, évitant la corrosion et l’entartrage ayant une influence sur la croissance bactérienne. Il permet de comparer un circuit traité à un circuit témoin non traité. La récupération et l’analyse du biofilm constituent également un atout majeur de ce banc d’essais.
Depuis deux ans, les travaux de recherche sur le pilote visaient à (1) préparer l’installation aux tests d’évaluation de l’efficacité des traitements anti-légionelles, dans le cadre de la saisine 2004-SA-0345 de l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) relative à "la composition des dossiers de demande d’autorisation de traitement de lutte contre les légionelles dans les eaux destinées à la consommation humaine – réalisation des essais portant sur l’efficacité" et à (2) étudier la flore microbienne présente dans les RECS.
Actuellement située sur le site du CSTB de Champs-sur-Marne, l’unité pilote sera déplacée au centre de Nantes fin 2009 dans le futur Grand Equipement Eau Aquasim.