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L’Apple Store du Carrousel du Louvre a été le premier magasin Apple à ouvrir en France avant celui de Montpellier. Un magasin bien réel, à la différence de la boutique virtuelle de l’espace internet. Dans le cadre d'une ATEX, le CSTB s’est penché sur l’escalier hélicoïdal de ce nouveau point de vente et d’exposition de la firme à la pomme. Retour sur un ouvrage entièrement conçu en verre structurel, d’une transparence et d’une légèreté presque improbables.

Situé à l’extrémité de la galerie commerciale du plus grand musée d‘Europe, face à la pyramide inversée, le nouveau magasin parisien de 800 m² hérite du design très soigné des quelque 300 boutiques déjà ouvertes à travers le monde par le fabricant informatique. Au cœur de l’espace, l’escalier en verre se propose comme un faire-valoir technologique qui permet de monter sur la mezzanine consacrée aux logiciels et aux accessoires. "Un type d’ouvrage assez inédit en France, selon Aurélie Bareille, ingénieur au CSTB. Si l’on a souvent l’occasion de voir des marches ou des garde-corps en verre, on se trouve ici en présence d’un ouvrage entièrement fabriqué avec un seul matériau, hormis les mains courantes qui participent à la rigidité de l’ouvrage, et les tirants en acier qui suspendent les limons de l’escalier à la structure primaire du plafond."
Les marches de 1,70 m de long, les limons cintrés, le petit plancher qui fait office de palier, les deux poutres qui le raidissent, ainsi que les garde-corps de la mezzanine, ont tous été réalisés en verre tri-feuilleté ou quadri-feuilleté avant d’être assemblées par des liaisons ponctuelles scellées à la résine. Ces verres très sollicités, ont pour la plupart été fabriqués en intercalant un film particulièrement performant dans leur feuilletage. Les traditionnelles feuilles de PVB ont ici été remplacées par une seule feuille bien plus épaisse, mais aussi bien plus résistante. "Une solution parfaitement appropriée, mais qui rend l’ouvrage plus complexe à expertiser", note Aurélie Bareille, en précisant que les verres dotés de cet intercalaire sont encore rares sur le marché de la construction et réservés aux projets d’exception.
Les différents éléments qui composent l’escalier ont fait l’objet de plusieurs essais dans les laboratoires du CSTB et dans ceux de l’entreprise Seele en charge de leur mise en œuvre. Des limons percés et assemblés entre eux par éclissages, en passant par les marches fixées sur ces limons grâce à des inserts métalliques et par boulonnage, tout a été vérifié de sorte à assurer la stabilité propre de l’escalier et la sécurité des usagers, même en cas de rupture accidentelle de l’un des composants verriers. Tous les éléments de l’escalier participent en effet à la tenue de l’ensemble de la structure, ce qui signifie que la fragilisation de l’un d’eux implique nécessairement la fragilisation de la totalité de l‘ouvrage. Comme l’explique Aurélie Bareille, "chacune des parties de l’escalier est structurellement liée au reste et contribue à la rigidité globale du système."